Ormuz s’entrouvre, le pétrole respire enfin
L’essentiel : > « Les cours du pétrole plongent vendredi après l’annonce par l’Iran de la réouverture du détroit d’Ormuz pour la durée restante du cessez-le-feu avec les Etats-Unis. Vers 15 h 10 à Paris, le prix du baril de brent de la mer du Nord, pour livraison en juin, perdait 10,42 % à 89,03 dollars ».
Ce coup de théâtre vient clore une semaine qui avait pourtant débuté sous une tension extrême. Après l’échec initial des pourparlers d’Islamabad et la mise en place d’un blocus américain, les signaux d’une « voie de passage libre » au large d’Oman et l’hypothèse d’un cessez-le-feu temporaire de 60 jours ont fini par faire céder la prime de risque géopolitique.
Géopolitique : Le pragmatisme de la 60ème minute
Si les discussions de fond sur le nucléaire butent toujours sur la durée des engagements (5 vs 20 ans), l’urgence économique semble avoir repris le dessus.
- Le détroit sous surveillance : Une coalition de trente pays, menée par la France et le Royaume-Uni, prépare activement une flotte de sécurisation.
- Signes d’apaisement : La suspension temporaire du programme nucléaire iranien et le transfert d’une partie de l’uranium vers un pays tiers sont désormais sur la table, offrant un répit inédit au commerce maritime.
Macroéconomie : Le grand écart transatlantique
Pendant que l’Europe tente de se réinventer, les États-Unis luttent contre une inflation qui a la vie dure.
États-Unis : L’inflation fait de la résistance
Les dernières données confortent un biais inflationniste tenace. L’inflation totale remonte à 3,3 % (contre 2,4 % précédemment), dopée par une composante énergie en hausse de 10,9 % et des services qui ne faiblissent pas.
- Le dilemme de la Fed : Entre Alberto Musalem qui plaide pour un maintien des taux et Beth Hammack qui n’exclut pas une nouvelle hausse, la visibilité reste réduite. Les anticipations d’inflation des ménages bondissent à 5,8 % à un an.
Europe : La France résiliente, l’Allemagne s’essouffle
- Le paradoxe franco-allemand : La croissance française surprend par sa résilience au premier trimestre (+0,3 %). À l’inverse, l’Allemagne revoit ses ambitions à la baisse (0,5 % en 2026), payant au prix fort sa dépendance historique aux énergies fossiles.
- BCE : Le statu quo en avril semble acté. Joachim Nagel a été clair : un relèvement immédiat serait une erreur.
Chine : La fin de la déflation industrielle ?
Avec un PIB à 5 % au premier trimestre (au-dessus des 4,8 % attendus), Pékin respire. Surtout, les prix à la production repassent en territoire positif (+0,5 %) en mars, mettant fin à plus de trois ans de déflation industrielle. Un signal fort pour les exportateurs mondiaux.
Analyse des Marchés : Records et rotations
Europe : Un luxe moins brillant, une technologie solide
La saison des résultats a débuté avec des fortunes diverses :
- Luxe en correction : LVMH et Hermès ont déçu par des revenus inférieurs aux attentes, particulièrement en maroquinerie.
- Tech & Industrie : ASML reste solide mais prudent pour le deuxième trimestre. Alstom a douché l’enthousiasme en supprimant ses objectifs de cash-flow.
- Le « vent d’Est » : Le tournant politique en Hongrie avec l’arrivée de Peter Magyar pourrait apaiser les relations avec Bruxelles et fluidifier le soutien à l’Ukraine.
USA : Le S&P 500 au sommet
Wall Street ignore l’inflation et s’offre de nouveaux plus hauts historiques :
- Software en folie : Le secteur rebondit de près de 13 %. GitLab et Cloudflare profitent à plein de l’intégration de l’IA.
- Automobile & IA Physique : Ford et GM sont recherchés pour leur discipline financière, tandis que Tesla est désormais valorisé par le marché sur ses thématiques de robotaxis et de robotique plutôt que sur le simple cycle auto.
Notre Stratégie d’Investissement
Garder le cap malgré le bruit : La poursuite du dialogue diplomatique soutient notre biais favorable.
