Encore une semaine marquée par le conflit au Moyen-Orient

📉 Wall Street : un trimestre à oublier

En début d’année, le consensus des prévisionnistes était clair : 2026 serait une année « normale ». Croissance stable, inflation maîtrisée, marchés actions orientés à la hausse… bref, un scénario sans surprise. Mais s’il y a bien une chose quasi certaine sur les marchés, c’est que le consensus — surtout lorsqu’il est unanime — se trompe souvent. Et de fait, ce premier trimestre 2026 n’a rien eu de normal.

Le pire trimestre… depuis 4 ans

Wall Street vient d’enregistrer son plus mauvais trimestre depuis quatre ans :

  • Nasdaq : -10,5 %
  • Dow Jones : -5,9 %
  • S&P 500 : -7,3 %

L’Europe n’est pas épargnée : Euro Stoxx (-4,4 %) et CAC 40 (-4,5 %). Côté Asie, le soufflé est également retombé. Le Nikkei, qui affichait encore +17 % en début d’année, termine finalement à +1,4 %, tandis qu’à Shanghai, la baisse atteint 1,8 %.

Des certitudes qui s’installent

Même dans l’hypothèse d’un arrêt rapide du conflit, l’impact économique est déjà là :

  1. Croissance : Elle devrait être revue à la baisse en 2026, entre -0,2 % et -0,7 % selon les régions et leur dépendance au pétrole.
  2. Taux : La remontée des taux d’intérêt va continuer de peser sur l’activité.
  3. Inflation : Un pic temporaire est attendu autour de +0,5 % (voire davantage) sur mars et avril. À ce stade, pas de risque d’inflation durable… à condition que le conflit ne s’enlise pas.

Pas de krach, mais…

Pour autant, il n’y a pas eu de krach boursier. La correction est nette, surtout après des niveaux records, mais elle reste contenue. Le véritable choc s’est plutôt produit ailleurs : sur le marché des taux. Un mouvement brutal — pas tout à fait un krach, mais qui s’en rapproche sérieusement.


L’essentiel de la semaine : Les marchés ont vécu une semaine de « souffle court », oscillant nerveusement entre l’espoir d’une désescalade et la réalité d’un conflit qui s’installe. Si les actifs risqués ont initialement salué les signaux d’apaisement, les menaces explicites de Donald Trump sur les infrastructures énergétiques iraniennes ont rappelé que le chemin vers la réouverture du détroit d’Ormuz reste incertain. Pourtant, derrière le bruit des bottes, le moteur macroéconomique mondial affiche une résilience surprenante.


🎭 Entre « Off-ramp » diplomatique et menaces de destruction

La dynamique hebdomadaire a été dictée par l’ambivalence de la communication américaine :

  • L’espoir d’une fin proche : Donald Trump a affirmé que la guerre serait de « courte durée » (encore 2 à 3 semaines), évoquant des discussions avec un « nouveau régime » à Téhéran. Ce narratif a permis une détente temporaire des taux et un reflux du Brent entre 100$ et 110$.
  • La douche froide : Le président américain a simultanément menacé de détruire l’intégralité des installations énergétiques iraniennes si Téhéran ne cédait pas. Ce coup de froid a ravivé la volatilité, faisant repartir les prix du brut et les taux souverains à la hausse en fin de semaine.

📈 Macroéconomie : Un socle mondial qui tient bon

Malgré l’incertitude, les fondamentaux économiques ne flanchent pas :

  • Chine & Japon : Le PMI manufacturier chinois a atteint en mars son plus haut niveau depuis un an, confirmant que l’activité redémarre solidement. Au Japon, l’indice Tankan confirme la bonne orientation de l’industrie nippone.
  • États-Unis : L’économie est moins fragile qu’anticipé. La confiance des consommateurs progresse, les ventes au détail surprennent et les créations d’emplois privés (62 000 postes) restent dynamiques.
  • Europe : L’inflation globale remonte à 2,5 %, poussée par l’énergie, bien que l’inflation sous-jacente reste maîtrisée à 2,3 %. La BCE reste toutefois aux aguets face aux risques de second tour.

🌍 Focus Régionaux & Opportunités

🇪🇺 Europe : Entre inflation et grandes manœuvres

Le paradoxe européen continue : l’inflation s’accélère, mais le micro-économique reste vif.

  • M&A : Accor cède sa part dans Essendi pour près de 975 M€, tandis qu’Unilever négocie une fusion majeure de son pôle agroalimentaire avec McCormick.
  • Industrie : Alstom signe un contrat de 700 M€ dans la zone AMECA, et GTT souligne un niveau d’activité très soutenu grâce à la diversification des sources d’approvisionnement (nouvelle commande de deux méthaniers).

🇺🇸 USA : Le rebond technologique et l’IPO du siècle

Les indices se reprennent après la correction de fin mars (S&P 500 +3,24 %, Nasdaq +4,26 %).

  • IA & Tech : Rebond marqué des mégacaps. Marvell s’envole suite à un investissement stratégique de Nvidia.
  • Événement : SpaceX prépare son entrée en Bourse avec une valorisation record dépassant les 1 750 Mds$, ce qui constituerait l’une des plus grandes IPO de l’histoire.
  • Énergie : Le secteur corrige de -5,78 %, le marché estimant que le prix du baril au-dessus de 100$ est désormais intégré.

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