Sommet de Pékin et fin d’époque à la Fed
Cette semaine de la mi-mai s’impose comme un tournant politique et monétaire majeur pour l’année 2026. Entre la diplomatie directe de Donald Trump en Asie et le changement historique de gouvernance à Washington, les marchés tentent de déchiffrer la nouvelle donne macroéconomique globale.
L’Essentiel : Ce qu’il faut retenir cette semaine
- Le sommet de Pékin : Le voyage surprise et pragmatique de Donald Trump en Chine redessine l’agenda commercial et détend temporairement les tensions sur les chaînes logistiques globales.
- Fin de l’ère Powell : Ce vendredi 15 mai marque officiellement le dernier jour du mandat de Jerome Powell à la présidence de la Fed, laissant derrière lui une institution historiquement divisée face au risque énergétique.
- Respiration des indices : L’espoir d’un accord-cadre sino-américain offre un répit aux actifs risqués et éloigne le Brent de ses sommets récents.
Géopolitique : Le « Grand Deal » en préparation à Pékin ?
Le voyage de Donald Trump en Chine a pris les marchés de court et figé la hausse du baril de pétrole. Aux grands maux les grands remèdes. C’est accompagné d’une armada de 17 chefs d’entreprises issus de la tech, de la finance et de l’industrie, que Donald Trump est allé convaincre son homologue chinois de lui ouvrir son marché.
Ce pivot diplomatique spectaculaire s’explique par des pressions devenues intenables en coulisses :
- Fissures à Washington : Les tensions liées à l’Iran étaient palpables aux États-Unis. La Chambre des représentants, pourtant contrôlée par les Républicains, s’est retrouvée à égalité parfaite lors d’un vote visant à mettre fin à la guerre, signe d’une opposition politique intérieure croissante au conflit.
- Impasse régionale au Moyen-Orient : L’option militaire pure semble s’essouffler. Une enquête exclusive de Bloomberg a révélé cette semaine comment les Émirats arabes unis ont tenté, en vain, de convaincre leurs voisins de participer à une riposte militaire coordonnée aux frappes iraniennes.
Faute de front uni au Moyen-Orient et face à la lassitude du Congrès, Washington choisit donc la carte économique à Pékin pour stabiliser les flux mondiaux.
États-Unis : Passage de témoin historique à la Fed
Nous y sommes. Ce vendredi 15 mai 2026, Jerome Powell quitte ses fonctions de président de la Réserve fédérale. Il laisse une banque centrale dans une situation inédite depuis plus de trente ans, fracturée en deux camps radicaux : ceux qui exigent un nouveau tour de vis face à une composante énergie volatile et ceux qui s’inquiètent de la fragilité des PME américaines.
La transition vers la nouvelle direction se fera sous une surveillance absolue des marchés de taux, alors que les anticipations d’inflation des ménages à un an restent ancrées sur des niveaux inconfortables.
Europe : L’activité cherche son second souffle
En zone euro, le message des indicateurs macroéconomiques reste dual :
- Divergence industrielle : La croissance française maintient son avance relative, portée par son plan d’électrification structurel, tandis que l’Allemagne tente péniblement de stabiliser ses indices PMI manufacturiers.
- BCE en observation : Malgré le recul de l’inflation sous-jacente globale en Europe, le repli de la confiance des consommateurs au plus bas depuis la crise Covid paralyse l’investissement. Les membres de la BCE confirment un statu quo rigide pour les semaines à venir, refusant de précipiter un mouvement avant d’avoir une visibilité totale sur l’issue des négociations sino-américaines.
Dynamique Sectorielle : Les forces en présence
Le marché continue de trier les entreprises selon une logique de résilience stricte.
- La Tech et l’IA revalident leurs fondamentaux : Les annonces massives de dépenses d’investissement (capex) des géants du Cloud et les résultats stratosphériques de Samsung dans les puces mémoire continuent de soutenir le secteur des semi-conducteurs.
- L’Énergie consolide : Après un rallye effréné lié aux craintes sur le détroit d’Ormuz, le secteur énergétique marque une pause technique, suspendu aux conclusions de la rencontre Trump-Xi.
- Consommation discrétionnaire : Le secteur reste sous surveillance étroite, très sensible au moral fléchissant des ménages européens et américains.
