Une situation qui reste très indécise
L’essentiel : Trois semaines après le début des hostilités, le conflit entre les États-Unis et l’Iran entre dans une phase critique. Si une timide accalmie diplomatique se dessine, les attaques directes contre les infrastructures énergétiques (Iran, Qatar) ont propulsé le baril à 120$ avant un reflux partiel. Face à ce choc d’offre, les banques centrales durcissent le ton, abandonnant l’espoir de baisses de taux rapides.
Géopolitique & Énergie : Le basculement vers les infrastructures
Le conflit a franchi un cap cette semaine avec le ciblage explicite des capacités énergétiques :
- Escalade : Après les frappes israéliennes sur l’Iran, Téhéran a riposté en endommageant des capacités de GNL au Qatar, menaçant l’offre mondiale de gaz sur le long terme.
- Le Verrou d’Ormuz : Le trafic reste quasi nul. Malgré le refus initial du Japon et de l’Australie, l’appel de Donald Trump pour une coalition de sécurisation a reçu un accueil favorable de plusieurs pays européens, ramenant le Brent vers 100$.
- L’enjeu : Le marché intègre désormais un risque de pénurie structurelle, certains analystes ne prévoyant pas de normalisation avant 2027.
Banques Centrales : Le retour des « Faucons »
Tiraillées entre le ralentissement économique et le choc pétrolier, les autorités monétaires choisissent la fermeté pour éviter un dérapage de l’inflation :
- Fed (USA) : Le « Dot Plot » ne prévoit plus qu’une seule baisse de taux cette année. Le PPI core (+0,5%) confirme que les pressions inflationnistes sont loin d’être éteintes.
- BCE (Europe) : Tout en temporisant, Francfort intègre désormais le risque d’une hausse de taux si l’inflation sous-jacente s’emballe à nouveau.
- Reste du monde : L’Australie poursuit ses hausses, tandis que le Japon prépare le terrain pour un ajustement lié à la dynamique des salaires (+3,2%).
Analyse des Marchés : Une résilience à deux vitesses
Europe : Énergie et Stagflation
L’indice européen souffre du combo « énergie chère + taux élevés ».
- Micro : BASF annonce des hausses de prix massives (+30%) pour répercuter ses coûts. Exail Technologies (drones anti-mines) profite mécaniquement du climat sécuritaire.
- IA & Emploi : HSBC illustre la transformation du secteur financier en annonçant une réduction de 10% de ses effectifs liée au déploiement de l’IA.
USA : La Tech et l’Énergie font bloc
Malgré un S&P 500 hésitant, certains segments affichent une santé insolente :
- Gagnants : Le secteur de l’Énergie surperforme, suivi par la Tech IA (semi-conducteurs, cloud) portée par des plans d’investissement massifs.
- Perdants : La consommation de base et les matériaux corrigent, pénalisés par l’érosion du pouvoir d’achat et la remontée des taux réels (10 ans US vers 4,30%).
Émergents & Asie : La Chine résiste seule
Alors que le sommet Trump-Xi est reporté à la mi-mai, l’économie chinoise affiche une vigueur surprenante :
- Production industrielle : +6,3% (supérieur aux attentes).
- Ventes au détail : +2,8%. L’Allemagne, en revanche, déçoit : 90% de son plan de relance aurait été absorbé par des dépenses de fonctionnement, plombant les anticipations de croissance (ZEW à -0,5).
