Ralentissement de l’emploi, inflation sous contrôle
• États-Unis (macro & taux) : le rapport sur l’emploi confirme un ralentissement marqué (64 000 créations d’emplois, taux de chômage à 4,6 %). L’inflation de novembre surprend à la baisse (CPI à 2,7 % vs 3,1 % attendu ; sous-jacent à 2,6 %), validant la récente détente monétaire de la Fed et renforçant les anticipations de nouvelles baisses de taux en 2026. Plusieurs membres du FOMC, dont Stephen Miran, conservent un biais accommodant, même si la lecture des données inflationnistes reste prudente.
• Zone euro : la production industrielle progresse (+0,8 % en octobre), mais les PMI flash envoient un signal plus contrasté (indice composite à 51,9). La BCE reste dans une logique de pause prolongée, tout en révisant légèrement à la hausse ses projections de croissance et d’inflation. Les marchés ont été brièvement soutenus par des signaux d’apaisement autour du conflit en Ukraine.
• Royaume-Uni : la dégradation du marché du travail (chômage à 5,1 %, ralentissement des salaires) contraste avec des PMI plus robustes (composite à 52,1). La désinflation plus rapide qu’anticipé conforte la Banque d’Angleterre dans une trajectoire potentiellement plus accommodante.
• Japon : environnement macro porteur. L’enquête Tankan atteint un plus haut de quatre ans et la Banque du Japon relève son taux directeur à 0,75 %. L’absence d’indications sur le taux neutre a toutefois pesé sur le yen, tandis que les taux longs poursuivent leur remontée.
• Chine : nouvelles données décevantes en novembre, avec un ralentissement simultané de la production industrielle, des ventes au détail et de l’investissement, confirmant une reprise toujours fragile.
• Marchés émergents : nette correction de l’indice MSCI EM, tirée par l’Asie. La faiblesse persistante de la demande chinoise continue de peser sur la classe d’actifs.
Actions européennes
Les marchés actions européens terminent l’année sur une note solide, soutenus par un contexte politique et budgétaire plus favorable. L’annonce par l’Allemagne d’émissions de dette record en 2026 (512 Md€) pour financer infrastructures et défense bénéficie au secteur industriel et à la défense. Dans ce contexte, Leonardo et Rheinmetall continuent de profiter d’une forte dynamique de commandes, tandis que Spie renforce son exposition à la transition énergétique avec l’acquisition de Worley Power Services en Australie.
Dans la technologie, ASML reste sous surveillance après l’émergence d’un potentiel concurrent chinois dans la lithographie EUV, encore éloigné d’une maturité industrielle. Dans les services, Accenture a rassuré le marché grâce à une demande robuste pour ses solutions d’intelligence artificielle. À l’inverse, le secteur de la santé a été pénalisé par Sanofi, qui a annoncé l’arrêt du développement du tolebrutinib dans la sclérose en plaques. Enfin, l’assouplissement des objectifs CO₂ dans l’automobile apporte un soutien bienvenu aux constructeurs européens.
Actions américaines
Les marchés américains ont reculé sur la semaine (S&P 500 -0,77 %, Nasdaq 100 -0,70 %), dans un contexte de rotations sectorielles et de volatilité accrue autour du thème de l’IA. Le segment des semi-conducteurs a été sous pression après la publication jugée décevante de Broadcom, entraînant un repli plus large du secteur. Oracle a également reculé, sur fond d’interrogations autour du financement de projets de data centers, malgré des démentis de la société.
Parmi les mégacapitalisations, Alphabet a annoncé une version « flash » de Gemini 3, tandis que Nvidia a signé un accord avec le Department of Energy pour accélérer la recherche scientifique via l’IA. En parallèle, SpaceX a autorisé une vente d’actions d’initiés la valorisant autour de 800 Md$, alimentant les spéculations autour d’une IPO en 2026. Hors technologie, Nike a souffert de perspectives toujours incertaines en Chine, tandis que Pfizer a déçu en prévenant que 2026 serait une année de transition difficile.
