L’énergie mondiale en apnée
L’essentiel : Le Moyen-Orient s’enfonce dans une crise durable avec la nomination de Mojtaba Khamenei et un détroit d’Ormuz quasiment paralysé. Malgré l’optimisme affiché par Donald Trump, le baril s’installe autour de 100$ (après un pic à 120$), forçant les banques centrales à durcir le ton. L’inflation menace et la croissance s’étiole : le spectre de la stagflation est de retour.
Le Regard de l’Expert : Ironie diplomatique
Les succès ont été rares, les leçons apprises peu nombreuses.
De l’Asie au Golfe, en passant par une bonne partie de l’Europe, les alliés de Donald Trump ont adopté une stratégie diplomatique d’une grande finesse : le compliment préventif. L’idée est simple — flatter, remercier, féliciter… et espérer qu’à force d’éloges, le président américain finira par se montrer conciliant.
Alors que la guerre menée par Washington contre l’Iran s’enlise, la méthode reste la même. Très peu de dirigeants osent critiquer publiquement la situation. Certains vont même jusqu’à remercier Trump pour ses actions. En coulisses pourtant, le ton est tout autre. Entre dirigeants, on s’inquiète, on s’agace, on se dit parfois furieux. Mais le dire publiquement ? À quoi bon.
Un responsable du Golfe persique aurait même confié à un homologue européen qu’ils étaient nombreux à penser que Trump n’avait pas vraiment de plan — une analyse qu’il serait néanmoins impoli de partager avec les Américains (source Bloomberg). Pendant ce temps, le pétrole reste proche de 100 dollars le baril, les tensions persistent, et les conséquences économiques inquiètent déjà en Europe comme en Asie.
À vrai dire, cette stratégie n’a rien de nouveau. Les alliés ont déjà essayé la même approche avec Trump sur le commerce, sur la Russie et la guerre en Ukraine, sur le Moyen-Orient ou encore sur la Chine : beaucoup d’encouragements, quelques flatteries soigneusement dosées… et l’espoir persistant que, cette fois, cela fonctionnera.
Jusqu’ici, les succès ont été rares. Et les leçons tirées semblent l’être tout autant.
Énergie & Géopolitique : Un détroit sous haute tension
- L’artère bloquée : Environ 20 millions de barils/jour sont menacés par la paralysie du détroit d’Ormuz. Le Brent s’est envolé à 120$ avant de refluer vers 100$.
- Pare-feu énergétique : L’AIE libère 400 millions de barils de stocks d’urgence. Washington cherche à desserrer les sanctions sur le brut russe pour stabiliser l’offre mondiale.
- Transition en Iran : Le durcissement du régime sous Mojtaba Khamenei laisse craindre un enlisement du conflit, malgré les déclarations de victoire prochaine de la Maison-Blanche.
Banques Centrales : Adieu aux baisses de taux ?
Le risque de stagflation (inflation importée + ralentissement économique) paralyse les banquiers centraux :
- USA : La Fed est coincée entre des ventes au détail qui se contractent (-0,2%) et une inflation qui pourrait repartir.
- Europe : Le marché anticipe désormais deux hausses de taux de la BCE d’ici fin 2026 pour contrer le choc énergétique.
- Japon : La hausse record des salaires (+3,2%) pousse la BoJ vers un taux à 1,25% pour défendre le Yen.
Zoom Régional : Entre performance et stress de liquidité
- Europe : La dépendance énergétique (57%) pèse sur la croissance. Alerte sur le private credit : plusieurs fonds limitent les rachats. Deutsche Bank a été chahutée en raison de son exposition de 26 Mds€ à ce segment.
- USA : Le S&P 500 recule de 1%. L’Énergie et la Tech IA (Oracle) résistent, mais les petites capitalisations (Russell 2000 -1,44%) subissent de plein fouet la remontée des taux longs.
- Chine : Une vigueur commerciale insolente avec un excédent de 213 Mds$, mais Pékin bloque ses exportations de produits raffinés, aggravant la pénurie mondiale.

Le Regard de l’Expert : Ironie diplomatique